lundi 1 octobre 2012

Placebo - Without You I'm Nothing (1998)







En 1996, Placebo avait déjà marqué le petit monde du rock avec son premier album éponyme. C'est deux ans plus tard et aidé d'un nouveau batteur en la personne de Steve Hewitt, que le trio enfonce le clou avec un album aux sombres mélodies et aux guitares abrasives. Enregistré aux Real World Studios de Peter Gabriel, "Without You I'm Nothing", creuse le même sillage stylistique que leur premier album mais, tout est ici plus rageur ("Brick Shithouse", "Scared Of Girls", "Every You Every Me") et ou plus sombre que précédemment ("Without You I'm Nothing", "The Crawl", "My Sweet Prince"). On retrouve effectivement encore ici le Placebo des débuts, emplie d'une énergie toute punk ("Allergic", "Brick Shithouse", "Scared Of Girls") combinée à une sensibilité gothique ("Without You I'm Nothing", "My Sweet Prince" ou encore "You Don't Care About Us"). Car c'est bien cet équilibre parfait entre agressivité et mélancolie, porté par la voix unique de Brian Molko, qui trouve, sur ce disque, celle qu'on lui connaît aujourd'hui, qui faisait et fait toujours, mais dans une moindre mesure, l'originalité de Placebo.
Cependant, ce deuxième opus n'est pas uniquement une version plus aboutit de son prédécesseur puisque, tandis que les textes traitaient précédemment de la construction de soi et de la recherche de son identité, ils abordent maintenant notre rapport à autrui à travers l'amour, la haine, l'amitié et la solitude et  les sonorités électro qui seront développées sur les albums ultérieurs font déjà leur apparition ("Pure Morning"). Les trois musiciens tentent également des choses plus expérimentales avec le titre "Evil Dildo", morceau caché à la fin de la douzième piste, et construit à partir d'un message laissé par un inconnu sur le répondeur téléphonique du chanteur. Enfin, pour remercier son public français, Placebo publie, quelques temps après la sortie du disque, une version française de "Burger Queen".
Mais ne vous y trompez pas, si au premier abord la musique de Placebo peut sembler n'être qu'un exutoire, elle vous collera également parfaitement au corps les jours de déprime et c'est à mon avis le seul groupe dont la musique et les chansons possèdent cette ambivalence si étrange. Près de quinze ans après sa sortie ce disque au son intemporel, produit par Steve Osborne n'a rien perdu de sa spontanéité et respire toujours l'urgence à plein poumons. 

Tracklist:

01-Pure Morning
02-Brick Shithouse
03-You Don't Care About Us
04-Ask For Answers
05-Without You I'm Nothing
06-Allergic (To Thoughts Of Mother Earth)
07-The Crawl
08-Every You Every Me
09-My Sweat Prince
10-Summer's Gone
11-Scared Of Girls
12-Burger Queen


samedi 1 septembre 2012

HardxTimes - Life Is A Battlefield (2010)



Pour poursuivre sur la thématique du mois dernier, voici maintenant un disque de Oi!, autre musique des skinheads apparue à la fin des années 70 / début des années 80, avec "Life Is A Battlefield" second disque du groupe français HardxTimes. Outre le fait de chanter dans sa langue natale, HardxTimes se démarquait des autres groupes du genre, par des guitares très mélodiques  et plutôt rapides, finalement plus proche du punk-rock que de la Oi! et qui se complètent merveilleusement bien, l'une étant plutôt rythmique avec un jeu en accords, tandis que l'autre, si elle double souvent la première, ajoute aussi quelques lignes mélodiques très efficaces ("Paris", "SPE", "Toujours Là", "Réaliste"), une basse qui sort parfois de son rôle purement rythmique pour créer de très belles mélodies ("Fuite En Avant", "Egoïste"), une voix éloignée des poncifs du genre, mais surtout par des textes très personnels souvent teintés d'une douce mélancolie et abordants des sujets inhabituels dans la scène Oi!  ("Egoïste", "Fuite En Avant", "La Vérité"), ou bien avec un point de vue particulier ("Temps De Sang", "Réaliste", "Nos Règles").
Sur ce second long jeu le groupe s'aventure également sur le terrain du spoken-word avec "Hommage" ou interviennent un saxo et un piano, et sur celui de la folk avec le magnifique "Pour Nous", uniquement disponible sur la version CD de l'album.
Cette version CD est également agrémentée de l'intégralité du EP "Demain Nous Appartient" (contenant les titres "Paris", "SPE" et "Ces Années Là") et du morceau "Vengeance", qui renoue un peu avec les influences hardcore du premier album, et qui est  extrait de la compilation "Oi! l'album".
Peu de temps après la sortie de ce disque le groupe s'arrêta, officiellement suite au décès de l'ancienne bassiste de la formation, mais il faut également dire que l'un des musiciens a commencer à défendre des positions politiques proches de celles d'extrême droite, ce qui a probablement contribué à hâter la fin de ce groupe, qui faisait originellement parti de la mouvance SHARP (SkinHead Against Racial Prejudice, qui signifie Skinhead contre les préjugés raciaux)... 

Tracklist:

01-Toujours Là
02-Réaliste
03-Douce Nuit
04-Fuite En Avant
05-La Vérité
06-Nos Règles
07-Indomptés
08- On est Al
09-Temps De Sang
10-Egoïste
11-Hommage 
12-Paris
13-SPE
14-Ces Années Là
15-Vengeance
16-Pour Nous



mercredi 1 août 2012

V/A - Trojan Skinhead Reggae Box Set (2002)


A l'évocation du mot "skinheads" certains associeront plus facilement les idées de profanations de tombes, crimes racistes et de ratonnade, plutôt que celle du reggae, et pourtant... Petit flashback...   
Emergeant à la fin des années 50 et connaissant son âge d'or vers 64-65, le mouvement mod prend naissance au sein d'une partie de la jeunesse ouvrière Anglaise passionnée de scooter et de musique Jazz. Progressivement, les immigrés Jamaïcains, venus reconstruire le pays  fréquentant les même clubs vont leur faire découvrir leur musique: le ska, et quelques années plus tard, le rocksteady. Se perdant petit à petit dans les pilules et dans les idées des hippies, le mouvement mod déclina. C'est alors que certains d'entre-eux, refusant cette destiné, se rapprochèrent des rudes boys Jamaïcains jusqu'à adopter leur musique tout en affirmant d'avantage leur appartenance de classe. En 1969, cette rencontre allait donner naissance aux premiers skinheads.  
Ainsi, les premiers pas du mouvement skinhead vont accompagnés le nouveau développement de la musique jamaïcaine qui sera baptisée Early reggae en Jamaïque et skinhead reggae en Angleterre. Petit à petit, les inflexions soul du rocksteady, qui étaient dues à la présence de sections de cuivres et de trios vocaux de toute beauté, vont s'estomper au profit d'une présence plus marquée de l'orgue, qui contribuera à appuyer le contre temps des guitares, et de groupes ou d'artistes solistes. Tandis que le rocksteady se voulait lent et langoureux, terrain parfait pour conter des histoires d'amour, le skinhead reggae sera plus brut et abordera souvent des thèmes plus sociaux. Constatant également l'évolution de leur public, de nombreux groupes et artistes consacreront une ou plusieurs chansons aux skinheads tels Symarip, The Charmers, The Hot Rod All Stars ou encore The Pioneers, pour les quelques uns présents ici et on comprend alors qu'un skinhead ne peut être raciste.
Cette compilation où presque rien n'est à jeter a le mérite de montrer, à travers une sélection de titres datants de 1968 à 1972, les principales variations que l'on peut trouver dans le genre: instrumentale ("A Taste Of Killing" des Upsetters), avec des paroles parlées plutôt que chantées ("Skinhead Train" des Charmers), ou parfois très proche du rocksteady (tel le "What Am I To Do" de Tony Scott ou l'instrumental "Soul Call" des Soul Rhythms et sa section de cuivres implacables). L'autre atout de cette compil', c'est que, derrière le transfert souvent impeccable des 45 tours sur CD, on sent toujours le crépitement du vinyle et ce, pour mon plus grand plaisir.   
Skinheads, remember your black roots!

Tracklist:

CD 1:

01-The Charmers: Skinhead Train
02-The Creations: Mix Up Girl
03-Sir Harry: Hee Cup
04-King Cannon (Karl Bryan): Overproof (aka Little Darlin')
05-Derrick Morgan: Copy Cat
06-Andy Capp: The Law
07-The Soul Rhythms: Soul Call
08-The Harmonians: Music Street
09-The Fabion: V Rocket
10-Tony Scott: What Am I To Do
11-The Versatiles: Spread Your Bed  
12-The Dynamites: John Public (Tom Hark)
13-Cool Sticky: Casa Boo Boo
14-The Tennors: Smile (My Baby)
15-Roland Alphonso: Zapatoo The Tiger
16-The Viceroys: Work It
17-The Wanderers: Wiggle Waggle

CD 2:

01-The Creations: Qua Kue Shut
02-Vincent Foster: Shine Eye Girl
03-Harry & Radcliffe: History
04-Sir Lord Comic: Wha'pen
05-Tommy McCook & Stranger Cole: Last Flight To Reggae City
06-Vincent Gordon &The Dynamics: The Burner
07-The Dynamites: Tribute To Drumbago (aka Last Call)
08-Ansel Collins: Bigger Boss
09-Theo Beckford's Group: The Horse
10-The Upsetters: A Taste Of Killing
11-Boris Gardner & The Love People: Don Juan
12-Lloyd Charmers: Dollars And Bonds
13-The G.G All Stars: 2000 Tons Of T.N.T
14-Rupie Martin's All Stars: Death In The Arena
15-Willie Francis: Motherless Children
16-Sweet Confusion: Elizabethan Serenade
17-The Royals: Pick Out My Eye

CD 3:

01-Claudette & The Corporation: Skinheads A Bash Them
02-Dandy: Trouble In The Town
03-Desmond Riley: Skinhead A Message To You
04-The Pioneers: Reggae Fever
05-Des All Stars (aka The Rudies): Night Food Reggae
06-Rico & The Rudies: Brixton Cat
07-The Hot Rod All Stars: Skinhead Speaks His Mind
08-Tony Tribe: Red Red Wine
09-King Horror: Loch Ness Monster
10-The Hot Rod All Stars: Skinheads Don't Fear 
11-The Prophets: Concord
12-Winston Groovy: Funky Chicken
13-Symarip: Skinhead Moonstomp
14-Dice The Boss: Funky Duck
15-Joe The Boss: Skinhead Revolt
16-Claudette: Queen Of The World     




dimanche 1 juillet 2012

Misanthrope - irremeDIABLE (2008)




J'aime le luxe  
Passion Millionnaire
La poésie de Baudelaire
Et son spleen millénaire
("Passion Millionnaire" - Misanthrope Immortel)
  
Lorsqu'en 2008 Misanthrope consacre un album à Charles Baudelaire ce n'est pas la première apparition du poète maudit dans l'oeuvre du groupe, puisqu'il a déjà adapté "Les Litanies De Satan" (sur le coffret "Recueil d'Ecueil Et Autres Oeuvres Interdites" - 2000) et que la chanson "Passion Millionnaire", sur l'album "Misanthrope Immortel" (2000) y fait clairement référence. Mais cependant, plutôt que d'adapter certains textes des "Fleurs Du Mal", avec "IrremeDIABLE" Misanthrope à choisi de conter la vie tumultueuse de son auteur. Le romantisme noir, la  spiritualité, la drogue,  le sexe, le libertinage et  la décadence étant des thèmes omniprésents chez Misanthrope, Baudelaire est le personnage parfait pour son univers. Un univers grandiloquent, aux lignes de basses titanesques souvent slappées, aux solis de guitares flamboyants et virtuoses  où s'entrelacent merveilleusement les fantômes du death, du black, du thrash, du heavy, du doom, de la musique classique ainsi que quelques réminiscences psychédéliques. Enfin des textes poétiques et extrêmement travaillés parachèvent magistralement ce monde fantasmagorique.
Si tous ces éléments sont donc présents ici, la force de ce disque réside dans son approche hautement cinématographique ("L'Infinie Violence Des Abîmes"). En effet, si l'ensemble forme un tout cohérent magnifiquement porté par la narration de S.A.S de l'Argilière qui n'hésite pas à varier ses intonations (parlées, hurlées, chantées d'une voix claire pleurnicheuse, ou emportée dans un tourbillon de reverb), chaque instrument peut représenter une facette du Baudelaire. Alors que la rapidité des rythmes de batterie semblent évoquer le rythme effréné de la vie du poète, chaque coup de caisse claire semble incarner le destin qui s'acharne  contre lui. Tandis que les lignes de basse qui virevoltent peuvent représenter  les doutes auxquels il est en proie,  les envolées guitaristiques pourrais représenter les joies auxquelles il aimait s'adonner et les parties de claviers semblent symboliser sa quête spirituelle. Le travail textuel n'est pas en reste puisque quelques mots en latin viennent soulignés que Baudelaire était issu d'une famille lettrée tandis que le  recours non systématique à la rime et l'asymétrie des textes renforce leur côté poétique.
A noter qu'une édition limitée de cet album fut également publiée. Elle contient l'intégralité d'un concert en DVD, un documentaire filmé en tournée, ainsi que le premier clip du groupe pour le morceau "Névrose". 
Prenez le temps d'écouter ce disque, car il peut parfois être difficile de digéré un concept album de 75 minutes narré d'une voix si singulière et aux arrangements tellement subtils qu'ils ne deviennent audibles qu'après de multiples écoutes.

Tracklist:

01- Les Retourneurs De Pierres
02-Phénakistiscope
03-Les Limbes
04-Le Passager Du Hasard
05-L'Infinie Violence Des Abîmes
06-Prodigalité
07-Le Dandy De Bohème
08-Fantasia Artificielle
09-Le Maudit Et Son Spleen
10-Plaisirs Saphiques 
11-Névrose
12-1857
13-Ixion
14-L'Oracle De La Déchéance
15-LXXXIV L'IrréméDIABLE




vendredi 1 juin 2012

Black Sabbath - S/T (1970 - Réédition 2004)


Sorti le vendredi 13 février 1970, le premier album de Black Sabbath est peut  être le disque le plus important de toute l'histoire du Metal car il marque non seulement la naissance du Heavy Metal, mais la lenteur et la lourdeur des riffs de Tony Iommi influencèrent aussi les scènes doom et gothic metal qui émergèrent au cour des années 80 et 90, tandis que leur côté "gras" a détint  dans le son stoner / desert rock. Par son visuel et ses paroles, cet album a également eu un impact prépondérant sur toute l'imagerie Black Metal puisque plusieurs chansons ("Black Sabbath", "N.I.B") font apparaître des anges peuplant le monde des Enfers, tandis que "The Wizard" ("Le Magicien") fut inspirée par la trilogie du  Seigneur Des Anneaux écrite par JRR Tolkien. Mais ce n'est pas tout puisqu'à l'intérieur du livret nous pouvons également trouver une croix inversée accompagnée d'un poème, et sur la photo de la dernière page du livret, un corbeau, animal très important dans le paganisme, est clairement visible. Enfin, la légende veut que, lorsque la photo qui orne la pochette de l'album a été prise, la silhouette drapée  de noir n'y figurait pas. Celle-ci ne serait apparut qu'au développement de la pellicule. 
L'aura de mystère qui entoure ce disque n'est sûrement pas pour rien dans le succès de cet opus enregistré en trois jours et qui se hissa à la huitième place des charts Anglais ainsi qu'à la vingt-troisième place du Billboard US. 
Mais au-delà de tout l'impact qu'il a pu avoir, ce disque, en éloignant le hard-rock de ses racines blues (et ce malgré les reprises d'"Evil Woman" des crow et de "The Warning" de Aynsley Dumbar Retaliation, ainsi que l'utilisation d'un harmonica sur "The Wizard"),  en donnant plus d'importance à la ligne de basse, en amenant de nouvelles thématiques dans des paroles souvent chantées avec une voix haut perchée, et par la création d'un nouveau type de riffs plus lourd et plus sombre, il reste la pierre angulaire d'une nouvelle esthétique qu'il a forgée: le Heavy Metal. 
Cette réédition, sans dénaturer celui d'origine, à le mérite d'éclaircir le son, ce qui rend tous les instruments véritablement audibles et de particulièrement bien mettre en valeur les différentes trouvailles sonores: les cloches de "Black Sabbath", l'harmonica de "The Wizard", le jeu à l'unisson entre la voix d'Ozzy et la guitare d'Iommy, la ligne de basse énorme et le tambourin de "N.I.B", la guitare acoustique, le shaker et ce qui semble être une guimbarde sur "Sleeping Village" et ce qui ressemble à un chabada sur "Wicked World" qui est en bonus track sur cette réédition et qui constituait  la face B du premier single de Sabbath, dont la face A était "Evil Woman".  

Tracklist:

01-Black Sabbath
02-The Wizard
03-Behind The Wall Of Sleep
04-N.I.B
05-Evil Woman
06-Sleeping Village
07-The Warning
08-Wicked World


mardi 1 mai 2012

AC/DC - Powerage (1978)




Album mésestimé dans la carrière d'AC/DC, et quasi systématiquement oublié lors des concerts, "Powerage" est pourtant l'album préféré d'Angus Young et de Phil Rudd, guitariste et batteur du groupe, mais aussi celui de la plupart des fans des boyz. Lorsqu' en 1995, alors âgé de 8 ans je découvre ce disque c'est l'électrochoc qui marque le début de ma passion pour le rock. Mon expérience de "Powerage" étant fortement émotionnelle, il est finalement assez difficile de vous parler de ce disque. 
Faisant suite à la tempête, aussi bien commerciale qu'électrique "Let There Be Rock", 'Powerage" est un album beaucoup plus bluesy et cotonneux. Tandis que ce quatrième album marque l'arrivée de  Cliff Williams à la basse, celle-ci n'a jamais été aussi douce et présente dans le son de la formation australienne ("Gimme A Bullet", "Gone Shootin'"). Bien que le style d'AC/DC soit immédiatement reconnaissable, certains choix artistiques et compositionnels font de "Powerage" un opus un peu à part dans la discographie du groupe: bien que classique dans sa forme "Rock 'n' Roll Damnation", comme tout l'album d'ailleurs, est marqué par un son de batterie atypique;
Construit sur un seul et unique riff qui se développe et qui monte progressivement en puissance avant de redescendre pour repartir de plus bel, "Down Payment Blues" est une chanson est une chansons unique dans le répertoire d'AC/DC. Ici, c'est donc la batterie qui, grâce à ses nombreux breaks, assure l'évolution rythmique du morceau tandis que la voix se charge de l'évolution mélodique. Et tandis qu'au bout de 6 minutes la chanson semble se finir elle se clôture sur un riff totalement blues sortit de nulle part!;
"Gimme A Bullet"avec son absence de solo de guitare et sa ligne de basse énorme montre également, si besoin était, que Bon Scott était aussi un bon chanteur dans un registre plus doux et intimiste;
Mais la fureur reprend vite le dessus avec un "Riff Raff" qui déboule à toute berzingue avec son riff frénétique, d'autant plus mis en exergue il est d'abord joué seul au début du morceau, et un jeu en question réponse très efficace entre les deux guitares;
"Sin City", peut être le morceau le plus blues de cet album, et son break central basse / batterie qui fait des merveilles;
Un "What's Next To The Moon"au riff tout en arpège et  aux choeurs du plus bel effet sur les refrains et sur l'ensemble d'un couplet;
Encore une imposante ligne de basse  sur "Gone Shootin'", chanson à la structure assez classique si ce n'est une fin en deux temps qui lui donne un petit truc en plus;
On pousse l'ampli au max avec le très hargneux "Up To My Neck In You" où Bon Scott s'en donne à coeur joie avec sa voix de si particulière;
Et enfin un "Kicked In The Teeth" fonctionnant en question / réponse sur lequel le chanteur  à la voix de gargouille commence  à cappella tandis que l'ensemble du groupe ou la guitare d'Angus répondent. Une fois la chanson lancée, ce mode de jeu se poursuit,  alors que Bon Scott pose ses couplets sur une section rythmique magistrale et les guitares viennent ponctuer ses phrases. Une chanson dans laquelle on retrouve plusieurs motifs guitaristiques  très créatifs.
Mais le meilleur titre de ce disque n'est plus disponible sur aucun pressage du disque, puisque "Cold Hearted Man" (visible ici en vidéo), après avoir été inclut sut les premières éditions vinyle a été remplacé par "Rock 'n' Roll Damnation", et est uniquement trouvable sur diverses compilations ou le coffret "Backracks". Un morceau à la mélodie sublime, avec une superbe ligne de basse et sur laquelle Bon Scott montre l'étendu de son talent!
Autant de petits éléments qui, sans révolutionner le style d'AC/DC, font de ce "Powerage" le meilleur album du groupe. S'il ne devait en rester qu'un seul ce serait définitivement celui-là!


Tracklist: 

01-Rock 'n' Roll Damnation
02-Down Payment Blues
03-Gimme A Bullet
04-Riff Raff
05-Sin City
06-What's Next To The Moon
07-Gone Shootin'
08-Up To My Neck In You
09-Kicked In The Teeth



dimanche 1 avril 2012

Led Zeppelin - How The West Was Won (2003)


En 2003 Jimmy Page a eu la bonne idée de dépoussiérer certains cartons perdus quelque part  dans son manoir. Au fond de l'un d'eux, il retrouva les bandes de deux concerts enregistrés en 1972: celui du L.A Forum capté le 25 juin et celui enregistré à la Long Beach Arena deux jours plus tard. A l'époque Led Zeppelin à déjà sorti quatre disques qui connurent de francs succès commerciaux, furent unanimement reconnus par la critique et qui sont aujourd'hui considérés comme des  classiques de l'histoire du rock. Lors de ces deux concerts le groupe semble touché par la grâce: Robert Plant chante comme jamais, le jeu de batterie de  John Bonham, habile mélange de puissance et de finesse, couplé au jeu de basse au groove incroyable  de John Paul Jones, très présent dans le mix, impose une section rythmique monumentale tandis que Jimmy Page distille toujours ses solis avec passion et frénésie. Tout est ici plus carré et plus puissant qu'en studio et est magnifié par le mixage de Kevin Shirley. Les quatre musiciens sont en osmose totale et toutes les versions données ces soirs là dépassent allègrement celles fixées en studio et ce même pour les chansons issues de "Houses Of The Holy", cinquème album du groupe qui ne sortira pourtant que neuf mois plus tard, à tel point que ce live peut faire office de véritable best-of du dirigeable. On peut y entendre Led Zeppelin sous ses différentes facettes: psychédélique ("Dazed And Confused"),  hard-rock ("Immigrant Song", "Rock And Roll", "Black Dog"...), blues ("Since I've Been Loving You") et Folk (""That's The Way", "Bron-Yr-Aur Stomp" ou "Over The Hills And Far Away"). Lors de la promotion de ce disque Jimmy Page clamait haut et fort que tous les concerts de Led Zeppelin étaient unique car le groupe improvisait constamment sur scène et ce disque en est la preuve parfaite: ajout d'un solo et de motifs guitaristiques sur "Immigrant Song", changement complet de la ligne vocale sur "Since I've Been Loving You", accélération du tempo sur "Heartbreaker", changement de la ligne de batterie de "Dancing Days",  solo de batterie de 19 minutes sur "Moby Dick", éclatement totale de la structure de "Dazed And Confused" et autres medley sur "Whole Lotta Love" et "Bring It On Home" entre autre.  
Voici d'ailleurs ce que le guitariste déclarait dans une interview publiée en juin 2003 dans Rock Hard Magazine n°23: "Il m'a suffit d'écouter "Immigrant Song" pour me prendre une terrible baffe! (...) Ces deux gigs sont absolument extraordinaires. Je le sais d'autant mieux que ça me saute moi-même aux oreilles et que je faisait partie du groupe à l'époque. Chacun d'entre nous se donne à 200% et est au top. Tous les quatre nous créons un cinquième élément qui est Led Zeppelin au sommet de son art. Et dire que ce CD aurait pu ne pas voir le jour!"
Essentiel!!

Tracklist:

CD1:

01-LA Drone
02-Immigrant Song
03-Heartbreaker
04-Black Dog
05-Over The Hills And Far Away
06-Since I've Been Loving You
07-Stairway To Heaven
08-Going To California
09-That's The Way
10-Bron-Yr-Aur Stomp

CD2:

01-Dazed And Confused
02-What Is And What Should Never Be
03-Dancing Days
04-Moby Dick

CD3:

01-Whole Lotta Love
02-Rock And Roll
03-The Ocean
04-Bring It On Home