samedi 1 juin 2013

Septicflesh - The Great Mass (2011)


Si le black metal symphonique est un sous-genre assez répandu du metal extrême, le Death Metal symphonique en est un qui, à ma connaissance, n'a pas beaucoup été exploré. En ce sens"The Great Mass", huitième album des Grecs de Septicflesh est déjà, par son parti-pris artiste un disque novateur. Mais cet opus est bien plus que cela puisqu'il représente la symbiose de tous les éléments ayant, à un moment ou à un autre traversés l'oeuvre de Septicflesh: death, musique classique, heavy et doom.   Mais de nouvelles sonorités viennent ici enrichir le spectre musical du groupe puisque le rythme du couplet de "Pyramid God" est très proche du metal industriel et l'articulation du chant féminin, des orchestrations et du chant clair confère à l'ensemble une atmosphère plus gothique ("The Vampire From Nazareth", "Therianthropy"). La puissance orchestrale se dégagent de chacune des chansons s'explique par la présence du philharmonique de Prague. La plupart du temps, les orchestrations viennent appuyer le travail de la section rythmique ou des guitares ("A Great Mass Of Death",  "Apocalypse"). On pourrait alors rétorquer que cela manque alors d'audace mais l'ensemble est tellement bien maîtrisé et mis au service de compositions déjà riches, qu'on ne peut que s'incliner. De plus, l'orchestre parvient à ajouter à la musique du groupe quelques mélodies magnifiques ("Pyramid God", "Mad Architect", ou encore le break d'"Oceans Of Grey). Chaque chanson possède quelque chose qui la rend unique et qui lui permet d'accrocher l'auditeur et possède des arrangements qui permettent à l'auditeur de ne jamais s'ennuyer ("The Undead Keep Dreaming). Le tout étant servit avec une production claire et puissante à la fois compressée mais dynamique. Les textes sont auss un autre point fort du combo grecs car,bien qu'ils soient écrits simplement ils ne se complaisent pas dans une critique puérile de la religion ou de tout autre sujet mais peuvent pousser à la réflexion. D'autant que chaque texte est précédé d'un petit paragraphe donnant quelques pistes de réflexions sur leurs significations.

Tracklist:

01-The Vampire From Nazareth
02-A Great Mass Of Death
03-Pyramid God
04-Five-Pointed Star
05-Oceans Of Grey
06-The Undead Keep Dreaming
07-Rising
08-Apocalypse
09-Mad Architect
10-Therianthropy





mercredi 1 mai 2013

Bob Marley And The Wailers - The Complete Bob Marley And The Wailers 1967-1972: Rock To The Rock (1997)


Tout a déjà été écrit sur le succès international de Bob Marley And The Wailers à partir de 1973 et de leur signature sur Island Records, le label de Chris Blackwell. Cependant, pour ceux qui, comme moi, s'intéressent aux premiers enregistrements du plus influent des rastas, difficile d'y voir clair dans sa discographie parmi les compil', les rééditions et les autres sorties plus mercantiles les unes que les autres. Mais entre 1997 et 2002,  sous la houlette de Bruno Blum, l'un des plus éminents spécialistes français du Reggae, un ensemble de dix CD reprenant l'intégralité des faces enregistrées par Bob Marley entre 1967 et 1972, avec leur son d'origine, fut publié. 
"Rock To The Rock", premier des dix disques, nous présente la plupart des chansons produitent par Johnny Nash  et Arthur Jenkins, et enregistrées par Danny Sims et David Simmons en 1968. Pour des raisons de droits il en manque effectivement quelques unes que l'on retrouvera sur l'un des autres volumes composant cette intégrale. Musicalement ces titres se situent quelque part entre la soul sudiste de Stax et le Rocksteady jamaïcain. Après tout, ces deux genres partagent de nombreuses caractéristiques communes puisque, dans un style comme dans l'autre, ce sont généralement de courtes chansons racontant des histoires à l'eau de rose et chantées par des solistes ou des trios vocaux aux voix douces et suaves et Bob Marley ne fait pas ici exception à la règle ("Love", "How Many Times", "Mellow Mood", "Touch Me"...). En effet son timbre n'a jamais été aussi chaud, profond et serein. 
On dit souvent que le rythme régulier du Reggae est celui d'un coeur qui bat. Il me semble que cette allégorie n'a jamais été aussi vraie que sur ces enregistrements de Bob Marley sur lesquels la douceur et la rondeur des basses du kick contraste admirablement avec les sonorités plus sèches, mais néanmoins non agressives des rimeshots (bords) de la caisse claire ("How Many Times", "There She Goes", "Put It On"). C'est d'ailleurs cette batterie à la pulsation régulière et au son si particulier, placée très en avant dans le mix, parfois plus fort que les autres instruments ("Mellow Mood, "There She Goes") qui, tel un flot immuable et constamment en mouvement, confère un son unique à ces sessions.   
En tendant l'oreille on remarque aussi que le skank, le rythme de guitare si caractéristique de la musique jamaïcaine prend différentes formes par rapport ce qu'on entend habituellement: il  est parfois moins sec que ce qui peut se faire dans le genre car les notes ne sont pas étouffées ("How Many Times"), ou  entremêlé avec des accords au rythme plus "folk" ("Mellow Mood", "There She Goes", "Put It On") des notes supplémentaires ("Love), ou encore joué à l'orgue ("Rocking Steady"), tandis que sur certains titres il n'est même pas marqué ("Chances Are", "Nice Time").
Enfin, il faut noter que chaque volume de la série est accompagné d'un beau livret de 16 pages contenant des photos rares, des commentaires sur chaque chansons ainsi qu'un texte remettant les choses dans leur contextes.

Tracklist:

01-Rock To The Rock**
02-Rocking Steady** alternate
03-How Many Times
04-Touch Me
05-Mellow Mood alternate
06-There She Goes
07-Soul Rebel original
08-Put It On alternate
09-Chances Are alternate
10-Love**
11-Bend Down Low alternate
12-The World Is Changing
13-Nice Time** alternate
14-Treat You Right
15-What Goes Around Comes Around** original
16-What Goes Around Comes Around** version

**Previously unreleased

lundi 1 avril 2013

HardxTimes - We Take Shit From No One (2008)


Il y a quelques temps je vous présentais "Life Is A Battlefield" le second album d' HardxTimes. Revenons quelques années en arrière et intéressons nous maintenant à son prédécesseur "We Take Shit From No One" publié en 2008. A l'époque HardxTimes est un jeune groupe parisien, chantant en français et en anglais, partagé entre l'amour de la Oi! et du Hardcore. C'est donc tout naturellement qu'à l'instar de Warzone dont ils reprennent d'ailleurs le morceau "Skinhead Youth",  le groupe mélangera ces deux influences au sein de sa musique. Sur ce premier opus, qui regroupe l'ensemble des morceaux que le groupe avait préalablement sortit sous de multiples formats ainsi que trois titres inédits, les morceaux sont courts, rapides et hargneux, admirablement servis par une production très sèche. Dès ses débuts, le groupe possédait une originalité qui faisait de lui un groupe à part au sein de la scène Oi!: en effet on retrouvait déjà cette mélancolie si caractéristique qui prendra une forme quelque peu différente sur l'album suivant et les textes font également montre d'une vision particulière des choses. Bien que l'on trouve sur cet album des hymnes Straigh Edge aux paroles assez classiques ("Not So Late", "(Un)justified Violence" et "Put Me Down"), là où on pouvait par exemple attendre une défense inconditionnelle du mouvement skin dans "Pas De Honte" , cette chanson traite plutôt de se battre pour s'en sortir, "Temps De Sang" décrit la violence de la vie non pas d'un point de vue social, mais d'un point de vue émotionnel et "Liens Sacrés" parle de solidarité et d'amitié à travers les difficultés de la vie ect... Mais l'originalité d' HardxTimes ne s'arrête pas là puisqu'on peut également remarquer que même si les chansons sont musicalement construites sur une structure couplet / refrain, les paroles de la plupart d'entre elles, toutes sauf les deux reprises et "(Un)justified Violence", possèdent soit des refrains qui évoluent dans le temps ("Pas De Honte", "Temps De Sang", "Errance", "Rebelle" et "Liens Sacrés"), ou bien n'en possèdent pas vraiment ("Not So Late", "Put Me Down", "Demain M'appartient"). Enfin, le plus grand changement entre les deux long jeux d'HardxTimes réside dans l'évolution de la voix de Phil. Sur ce premier opus, bien que très typée Hardcore, elle s'éloigne là aussi quelque peu des sentiers battus puisque, même si les textes sont scandés comme le veut la tradition du genre, sur les textes en français leur diction se fait moins saccadée.  
Mais HardxTimes n'a jamais fait l'unanimité au sein de la scène à laquelle il se rattache et s'est vu dès ses débuts, considéré comme un groupe ambiguë et raciste. Si on peut ne pas être d'accord avec certaines positions défendues par son leader, il me semble totalement injustifié d'assimiler un groupe qui se définissait comme SHARP, qui reprenait le titre "Ultra Violence" de The Oppressed, et qui a écrit une chanson comme "Errance" racontant l'histoire d'un jeune homme né en France, mais ayant des origines Maghrébines et faisant face à la discrimination, comme un groupe appartenant à une mouvance d'extrême droite.
Enfin, ce CD est également accompagné d'un DVD renfermant une prestation captée en 2005, en première partie d'Agnostic Front.
    

Tracklist:

01-Pas De Honte
02-Temps De Sang
03-Not So Late
04-Errance
05-Ultra Violence
06-Skinhead Youth
07-Rebelle
08-(Un)justified Violence
09-Demain M'appartient
10-Put Me Down
11-Liens Sacrés

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vendredi 1 mars 2013

Fonky Family - Art De Rue (2001)


Aujourd'hui devenu un incontournable, "Art De Rue" (2001) est le deuxième album de la Fonky Family et est celui qui leur aura permis de s'imposer dans le paysage du rap français. Faisant suite au très bon "Si Dieu Veut..." (1997) et à l'excellent E.P "Hors-Série Vol.1" (1999), c'est sur cet album que les quatre MC Marseillais trouvent leurs identités: Sat, l'artificier à la voix écorchée et au rap mélancolique ("On S'adapte"), Don Choa le p'tit gars sans gêne et son rap direct teinté d'humour et de références cinématographiques ("Petit Bordel"), Louiciano la force tranquille de la F.F où l'art de dire les choses avec un flow posé, et enfin Menzo, rappeur à l'accent prononcé et au flow beaucoup plus "bad boy". Si l'ambiance est ici beaucoup moins sombre et oppressante qu'auparavant - il n'est pas rare que les chansons soient construites autour d'une mélodie de piano ("Tonight", "Mystère Et Suspense" ) ou une nappe de cordes ("On Respect Ca"), ce qui rapproche la F.F d'un certain hip-hop ricain qui à l'époque était présent sur la côte ouest - et tandis que les flows sont plus posés, les textes sont toujours aussi engagés ("Dans La Légende") et les constats toujours aussi lucides voire prémonitoires au regard de la situation actuelle ("Nique Tout"). Ce qui est également intéressant avec la F.F, c'est que les chansons ont souvent une structure particulières: certaines ont une structure ordinaire couplet / refrain mais sont chantées par un seul rappeur (Don Choa sur "Petit Bordel", Sat avec "On S'adapte" ou encore les deux djs avec "Djel & Pone"), d'autres n'ont pas de refrain ("Les Miens M'ont Dit", "Imagine", "Check 1,1,1" et "Esprit De Clan", cette dernière ressemblant vraiment à un freestyle enregistré en one shot), dans le morceau "Dans La Légende" il n'y a qu'un seul refrain qui arrive plutôt vers la fin, d'autres sont totalement "asymétriques" comme "Entre Deux Feux" ou bien "Histoire Sans Fin" par exemple ect...
Quant aux instrues elles sont parfaitement ficelées et utilisent les procédés habituels du genre, ajouts et retraits progressifs d'éléments sonores, changements de rythme sur certaines mesures ect, mais cela est réalisé avec tant de finesse, qu'il en devient parfois difficile de repérer toutes ces évolutions.
Enfin, il me semble que le seul reproche que l'on peut faire à ce disque qui contient bon nombre de classiques du genre, c'est que les rythmiques manquent cruellement de basses et la production de cet album a donc eu du mal à résister à l'épreuve du temps...

Tracklist:

01-Art De Rue
02- Les Miens M'ont Dit
03-Imagine
04-Mystère Et Suspense
05-Nique Tout
06-Petit Bordel
07-Entre Deux Feux
08-Djel & Pone
09-Filles, Flics, Descentes
10-Tonight
11-Histoire Sans Fin
12-On S'adapte
13-Haute Tension 
14-Dans La Légende
15-On Respecte Ca
16-Check 1,1,1
17-Esprit De Clan


vendredi 1 février 2013

Inner Terrestrials - IT! (1997)



Depuis la sortie de son premier album "IT!" en 1997, Inner Terrestrials est devenu un groupe incontournable de la scène anarcho-punk. Dès les premières notes les anglais annoncent la couleur: pochette noire et blanche dans la plus pure tradition du genre, textes fustigeants le racisme ("White Nightmare", "Outside"), la destruction de la planète ("Earth Must"), ceux qui nous exploitent ("Criminals"), les drogues ("Burning Bridges") ou prenant  la défense des squatters ("Squatters' Rights", "KTB') et de la résistance face à un système injuste ("Free The Land"), le tout dans un style unique né de la rencontre du punk et du reggae. Mais le reggae n'est pas ici un simple prétexte pour rendre les chansons plus légères et faire danser les gens... Non, le reggae est vu comme une musique révolutionnaire capable de porter les revendications du peuple. Ici tout est authentique: bien qu'elle soit en retrait la basse est énorme, le skank claque et la batterie accentue parfois les temps faibles. Mais leur musique se nourrit également d'influences dub ("Criminals") et folk, au sens traditionnel et / ou stylistique du terme ("Free The Land", "Earth Must"). Ces titres sont également remarquable par leurs structures plus complexes que les morceaux de punk habituels, "Free The Land" grâce à sa montée en puissance progressive, "Earth Must" grâce à ses deux parties distinctes, "Criminals" avec tous ces sons dub un peu étranges et "Squatters Rights" par ces changement de style parfaitement maîtrisés. Tout ceci contraste admirablement avec quelques titres rapides, directs et aux sonorités presques Hardcore ("Outside", "Burning Bridges" et "KTB"), dans lesquels Inner Terrestrials laisse éclater toute sa rage.  Enfin, la voix légèrement cassée de Jay tour à tour hargneuse ou mélodieuse, le jeu aux doigts, discret mais groovy de Fran à la basse, qui sonne un peu comme celui d'une contrebasse et le jeu de Paco (ex Conflict) à la batterie, et notamment le son de sa caisse claire, à la fois très fermé mais au timbre très présent, donnant une coloration militaire à son  style ("KTB"), contribuent à former le son singulier d'Inner Terrestrials.

Tracklist:

01-Squatters' Rights
02-Outside
03-Earth Must
04-Criminals
05-Free The Land
06-Burning Bridges
07-White Nightmare
08-KTB


mardi 1 janvier 2013

Néophyte - Faux Mouvement (2011)


Depuis l'inaugural "Entrée En Matière" en 2000 Néophyte n'a eu de cesse d'enrichir son streetpunk d'influences multiples: grunge ("Ad Vitam Aeternam" - 2002), noise ("Perspective Forcée" - 2004), garage ("Effort Discographique 1" - 2008). "Faux Mouvement" ne fait pas exception à la règle puisque, si nous retrouvons ici toutes ces sonorités, on entend également sur ce quatrième album  des messins des influences post-punk, dub, pop et disco. Si le groupe explose le simple carcan du punk, il brise également ici toute la syntaxe du genre puisque ce disque se compose d'une seule et unique pièce de 41 minutes. Ainsi, ce disque à la pochette pouvant évoquée le "Psychose" de Hitchcock, au titre ayant des consonances Cronenbergiennes et dont les paroles semblent raconter une seule et même histoire, devient un véritable film intérieur à partir duquel l'auditeur peut se créer des images mentales. 
Fort de ses nouvelles influences sonores et à travers un mixage qui les met parfaitement en valeur, confié à Jean Pascal Boffo qui à notamment travaillé avec Ange, Néophyte est parvenu à faire évoluer son son et a trouvé un écrin parfait pour sa musique. Jamais le son du groupe n'a semblé si fluide et puissant, tout en étant équilibré et nuancé. Ici, les transitions entre les différentes parties du morceau sont parfaitement maîtrisées (ce qui était loin d'être aisé), la basse est énorme et supplante même parfois la guitare (écoutez la quatrième partie), le jeu de batterie de Ludo est reconnaissable entre milles et donne lieu à quelques belles trouvailles, notamment les passages dub entre les deux premières parties ou encore le petit passage disco sur quelques mesures pendant la transition avant la troisième section. Enfin, bien que certaines mélodies soient plus simples et directes qu'à l'accoutumé, Romain n'a jamais fait passé autant d'émotion à travers sa voix et ses mots. Cet album est donc dans l'univers de Néophyte et dans le petit monde du punk, une petite révolution qui malheureusement passera presque inaperçue...   

Tracklist:

Faux Mouvement


samedi 1 décembre 2012

Ange - Escale à Ch'tiland (2012)


La tournée qui servit de support à l'album "Le Bois Travaille Même Le Dimanche" (2010) était également pour Ange l'occasion  de célébrer ses quarante ans d'existence et ma première rencontre avec cette créature ailée eu lieu au détour d'un concert donné l'année dernière par une froide nuit d'octobre. Tandis que seule la curiosité m'avait amenée en ces lieux, je fus rapidement happé par l'univers sonore et visuel d'un Ange touché par la grâce, chaque titre me faisant progressivement glissé dans un monde riche, unique et magique. Au vu de la claque aussi inattendue que monumentale que fut ce concert, c'est tout naturellement que je me suis jeté sur ce disque dès sa sortie.
"Escale à Ch'tiland" nous montre un Ange impérial, qui a su moderniser sa musique, aussi bien dans la prise de son - écoutez moi cette incroyable gestion de la dynamique (notamment sur "Le Cimetière  Des Arlequins") et cet énorme son de batterie, tout en évitant soigneusement de tombé dans le piège de la "Loudness War"* - qu'au niveau de ses arrangements. En effet, au fur et à mesure des années, Ange a ajouté à son rock progressif des sonorités électro ("Les Collines Roses"), orientales ("Le Marchand De Planètes"), jazzistiques ("Les Eaux Du Gange") ou bien folk ("Hors-La Loi"), tout en débarrassant leurs titres des 80's ("Les Yeux d'Un Fou", "Shéhérazade") de leurs oripeaux new-wave qui ont très mal vieillis.  
Le groupe est ici en osmose totale et transcende chacun de ses morceaux, portés par la voix profonde du patriarche Christian Décamps qui maintient le navire Ange à flot depuis toutes ces années et qui, tout comme le bon vin, se bonifie avec le temps ("Capitaine Coeur De Miel"). Avec sa voix de titi parisien, Caroline apporte une touche de théâtralité supplémentaire, tandis que le jeu de guitare de Hassan Hajdi, très fluide et aux sonorités très prog enlumine chaque composition, la section rythmique emporte tout sur son passage ("Le Cimetière Des Arlequins"). Enfin derrière ses claviers Tristan Décamps arrive à renouer avec les teintes du Ange des 70's ("Sur La Trace Des Fées") et à voir les versions monumentales des titres qu'il s'approprie (le très intimiste et dépouillé "Neuf Heures", l'énergique et modernisé "Les Yeux d'Un Fou" ou l'énormissime   "Les Collines Roses"), on se dit qu'il serait bien la personne appropriée pour donner vie à une nouvelle incarnation de cet Ange. Par sa discrétion le public confère à cet événement une atmosphère presque religieuse qui convient parfaitement à cet instant suspendu dans le temps.  
Alors bien sûr certaines pièces maîtresses du répertoire angélique manquent à l'appel (aucuns extraits d'"Au-Delà Du Délire" ni de "Caricatures"), car il est difficile de résumer quarante ans d'histoire en deux heures de concert, mais cette superbe setlist nous offre néanmoins de très belles versions des "Eaux Du Gange" et de " L'Oeil Et l'Ouïe", deux titres dont je ne porte pas franchement les versions originales en haute estime.  
Ce double CD est également accompagné du DVD de cette performance, filmé très sobrement, avec toutefois quelques changements dans le choix des morceaux puisque "Les Collines Roses" sont remplacées par "Fou!" et un medley entre le "Ballon De Billy" et "Ode à Emile" est également joué en fin de concert.
Enfin, ce bel objet est illustré par une magnifique pochette du fidèle Phil Unbdenstock.

*Loudness war (Guerre des niveaux): Principe de production qui consiste à donner à un disque le plus gros son possible, sous prétexte qu'un disque qui sonnerais plus fort qu'un autre aurait bénéficié d'un meilleur mixage, ce qui est est faux et qui se fait pourtant au détriment de la musique (perte de dynamique, saturation non naturelle du son....). Le  dernier album de Placebo "Battle For The Sun" est un très bon exemple des méfaits de la guerre des niveaux.  

Tracklist:

CD 1:

01-Ces Gens-Là
02-Le Cimetière Des Arlequins
03-Les Yeux d'Un Fou
04- Le Rêve Est A Rêver
05-Le Marchand De Planètes
06-Sur La Trace Des Fées
07-Les Eaux Du Gange
08-Neuf Heures
09-Les Collines Roses
10-Le Vieux De La Montagne
11-Couleurs En Colère

CD 2:

01-Les Enfants Du Hasard 
02-Capitaine Coeur De Miel
03-Hors-La-Loi
04-L'Oeil Et l'Ouïe
05-Hymne A La Vie
06-Shéhérazade 

DOWNLOAD (mdp: templier44 - Merci à lui pour l'upload)