lundi 26 mai 2014

Faith No More - Angel Dust (1992)


1992. Lassé par des tournées interminables suite au succès de "The Real Thing" et de son single étouffant "Epic", bouffé par des tensions internes, le quintet san franciscain n'a d'autre choix que d'accoucher dans la douleur (énormes prise de bec entre les musiciens) d'un des albums les plus indescriptibles de toute l'histoire du rock. C'est bien simple, se confronte ici, souvent au sein d'une  seule et même chanson absolument tous les styles de musiques recensés et ceci de manière inédite et géniale: du metal, à la pop, en passant par de vieilles rengaines jazzeuses ("RV") sans oublier l'easy-listening, le punk et le funk. Tout l'arsenal sonique y passe. En 1992, personne ne comprend rien à cette poussière d'ange. D'où vient-elle? Quels seront ses effets secondaires?  Les deux premiers singles "Midlife Crisis" et "A Small Victory", malgré leur atmosphère étrange, caressent dans le sens du poil grâce à des mélodies sombres et racées. Il faudra un peu plus de temps pour apprécier à sa juste valeur "Be Aggressive" toumente disco-metal sous carapace d'orgue Hammond, sur laquelle le vocaliste Mike Patton, plutôt habitué aux textes déstructurés, se lance dans un pamphlet dédié aux plaisirs bucco-sexuels. "Malpractice", "Jizzlobber" et "Caffeine" eux, en passant à la moulinette metal apocalyptique, samples à l'allure industrielle, vociférations hallucinées, orgue d'église et chant de criquet (!), ouvrent le champ des possibles en matière d'agressivité. Puis il y a ces titres obsédants ("Smaller And Smaller", "Kindergarten") parce qu'acides et malsains, rongés par les claviers et la voix désormais grave et lugubre de Patton, sacré ici vocaliste le plus versatile et talentueux de sa génération (des précédentes et des suivantes!). Existe t-il ici des mots plus forts que magnifique, exceptionnel? Seuls "Land Of Sunshine", "Crack Hitler" ou "Everything's Ruined" sonnent comme quelques dégénérescences soniques du style Faith No More période "The Real Thing". Reste "Easy"célèbre reprise de Lionel Ritchie. Single orphelin un premier temps, puis ajouté à l'album une fois devenu un gros succès. Alors qu'est-ce que l"Angel Dust"? Un des meilleurs albums rock de tous les temps, une drogue insidieuse et puissante: certains sont accro depuis douze ans déjà. Depuis, qui d'autre est parvenu à marier avec autant de classe et de génie, ambiances glauques et urbaines, cynisme, humour noir esprit bouffon, musique d'ascenseur  et borborygmes death metal? 

Olivier Drago - Velvet Magazine n°02 - Juillet / Août 2004     

Tracklist:

01-Land Of Sunshine
02-Caffeine
03-Midlife Crisis
04-RV
05-Smaller And Smaller
06-Everything's Ruined
07-Malpractice
08-Kindergarten
09-Be Aggressive
10-A Small Victory
11-Crack Hitler
12-Jizzlobber
13-Midnight Cowboy
14-Easy



dimanche 26 janvier 2014

Interpol - Antics (2004)


A la sortie de "Turn On The Bright Light" la plupart des gens réduisait Interpol à un simple clone de Joy Division. Avec leur deuxième album "Antics" publié deux ans plus tard, la musique des Américains se fait beaucoup plus planante et nuancée, notamment grâce à l'apport de l'orgue ("Next Exit", "A Time To Be So Small"). Malgré ce côté plus pop et aéré, certains morceaux sont plus direct et percutant que par le passé ("Slow Hands") ou bien encore très sombre et tendus ("Length Of Love" et son riff dissonnant). Les lignes de voix sont ici bien moins linéaires que sur me précédent opus du groupe ("Take You On A Cruise" ) et les compositions sont superbement ficelées et arrangées. Des sonorités presque électro font aussi leur apparition à plusieurs reprises lors du refrain de "Slow Hands" ou encore de manière plus marqué sur "Not Even Jail",  grâce notamment au traitement du son de la batterie. La production du disque est aussi plus claire et moins étouffante que sur "Turn On..." et convient parfaitement à la musique du quatuor.

Tracklist:

01-Next Exit
02-Evil
03-Narc
04-Take You On A Cruise
05-Slow Hands
06-Not Even Jail
07-Public Pervert
08-C'Mere
09-Length Of Love
10-A Time To Be So Small

DOWNLOAD (pass: DL92)

vendredi 1 novembre 2013

Misanthrope - Misanthrope Immortel (2000)


J'ai avec cet album, une relation un peu particulière puisque c'est avec ce disque que j'ai découvert Misanthrope et il reste encore à ce jour mon disque préféré du groupe. Ce qui m'a séduit à l'époque, c'était cette équilibre parfait entre les mélodies des guitares et des claviers, et la violence typiquement black / death du chant et de la batterie. Sur cet opus la musique de Misanthrope peut se rapprocher de celle de Children Of Bodom. Pour autant la musique du quintette n'est absolument pas ici une pâle copie de celle du groupe finlandais et Misanthrope avait déjà pour lui une indéniable originalité: des textes admirablement écris, pour la plupart chantés en français s'éloignant du satanisme bas du front inhérent au genre, des lignes de basses complexes avec quelques passages en slap, la voix unique et ultra-manièrée de S.A.S de l'Argilière et des compositions alambiquées. Les mélodies des guitares sont accrocheuses et entêtantes, plus que sur aucun autre album du groupe et les claviers ajoutent une touche grandiloquente qui sera mise en retrait sur les albums suivants, à l'univers tout en luxure et en décadence de Misanthrope.
Un chef-d'oeuvre absolu dont les détails se dévoilent au fil des écoutes successives!!     

Tracklist:

01-Eden Massacre
02-Les Empereurs Du Néant
03-Mained Liberty
04-Les Lamentations Du Diable
05-Khopiron
06-Au Baiser De Vermeil
07-Nuit Androgyne
08-The Soul Thrower
09-La Momie De Marianne
10-Conte Fantasmagorique
11-Tranchées 1914
12-Passion Millionnaire 
13-Espoir En Enfer


samedi 10 août 2013

Bauhaus - Gotham (1999)


Sous genre de la musique gothique, tout comme le post-punk, la batcave se caractérise par une ligne de basse bien en avant et des rythmes de batterie métronomiques. Elle se distingue de néanmoins de celui-ci par une volonté plus expérimentale et très grande théâtralité, dans le jeu de scène, les intonations vocales... et Bauhaus est un des fers de lances de ce style.
Capter lors de la première tournée de réformation de Bauhaus en 1998,  ce disque fut enregistré à New-York. La setlist contient tous les classiques du groupes et couvre les quatres albums studios qui constituaient alors leur discographie.  Peter Murphy est très en forme et sa voix grave et profonde traduit toute la théâtralité du genre. Le groupe n'hésitait pas à expérimenter avec les dissonnances ("Double Dare"), un saxophone ("In Fear Of Fear"), avec des rythmes cubain ("Bella Lugosi's Dead").  Le groupe se démarquait également par l'utilisation d'une basse fretless, ce qui donnait à la musique du groupe un côté tout à la fois plus chaud, plus rond et plus inquiétant. 
Le public tout acquis au groupe est présent mais néanmoins discret et renforce ainsi l'impression de communion et de grande cérémonie. Le  son est à la fois très propre et très brut  grâce notamment au son de la batterie. A l'époque le groupe reprenait également "Severance" une chanson de Dead Can Dance immortalisée par ce live. Ce concert a aussi fait l'objet d'un DVD.



Tracklist:

DISC 1:

01-Double Dare
02-In The Flat Field
03-God In An Alcove
04-In Fear Of Fear
05-Hollow Hills
06-Kick I,n The Eye
07-Terror Couple Kill Colonel
08-Silent Hedges
09-Severance
10-Boys
11-She's In Parties
12-The Passion Of Lovers
13-Dark Entries

Disc 2:

01-Telegram Sam
02-Ziggy Stardust
03-Bella Lugosi's Dead
04-All We Ever Wanted
05-Spirit
06-Severance (Studio Version)

DOWNLOAD CD1

DOWNLOAD CD2

lundi 1 juillet 2013

Bérurier Noir - Concerto Pour Détraqués (1985 - Réédition 2004)


1985. "Concerto Pour Détraqués", deuxième album de Bérurier Noir. L'album sur lequel la noirceur des débuts ("Nada 84", "Les Eléphants") se transforme en espoir avec l'arrivée des choeurs ("Vivre Libre Ou Mourir", "Hélène Et Le Sang", "Les Rebelles", "Vive Le Feu"). L'album où les textes plutôt nihilistes laissent place à des textes plus politisés ("Vivre Libre Ou Mourir", "Les Rebelles", "Fils De", "Salut A Toi" et "Porcherie" évidement). L'album où l'aspect théâtral et grand-guignolesque apparaît, grâce à l'arrivée des choeurs et des histoires loufoques ("La Mère Noël", "J'aime Pas La Soupe", "Il Tua Son Petit Frère"). L'album sur lequel le saxophone devient un élément à part entière de l'univers de Bérurier Noir ("Comte Cruel De La Jeunesse", "Les Eléphants", "Hélène Et Le Sang", "Il Tua Son Petit Frère", "Salut A Toi"). L'album où pleins d'éléments étranges sont utilisés: bruits d'animaux ("Nada 84", "Porcherie"), cloches ("La Mère Noël", "Porcherie"), sifflets ("Le Renard"), instruments traditionnels bretons ("Vive Le Feu" qui sera d'ailleurs à l'origine de l'aventure des Ramoneurs De Menhirs) et autres bruits d'alarmes ("Nada 84", "Salut A Toi"). L'album où l'influence d'"Orange Mécanique" apparaît pour la première fois ("Vivre Libre Ou Mourir", "Porcherie"), jusqu'à la pochette rappelant l'oeuvre de Kubrick.  L'album avec quelques prouesses textuelles: le jeu de questions / réponses sur "Le Renard" et l'énumération de "Salut A Toi". L'album où la rudimentaire boîte à rythmes s'enrichit d'un nouveau rythme. Enfin l'album qui accompagna les premiers pas du mouvement alternatif apparut quelques mois plus tôt, dans le sillon du SCALP (Section Carrément Anti Le-Pen) en lui fournissant bon nombre de classiques: "Petit Agité", "Vivre Libre Ou Mourir", "Le Renard", "Porcherie", "Hélène Et Le Sang", "Il Tua Son Petit Frère", "Vive Le Feu, "Salut A Toi" et dans une moindre mesure "Fils De" et "Les Rebelles". 

Tracklist:

01-Nada 84
02-Petit Agité
03-Vivre Libre Ou Mourir
04-Comte Cruel De La Jeunesse
05-Le Renard
06-Les Rebelles
07-Porcherie
08-Commando Pernod
09-Les Eléphants
10-Fils De
11-Helène Et Le Le Sang
12-Il Tua Son Petit Frère
13-La Mère Noël
14-J'aime Pas La Soupe
15-Vive Le Feu
16-Salut A Toi


samedi 1 juin 2013

Septicflesh - The Great Mass (2011)


Si le black metal symphonique est un sous-genre assez répandu du metal extrême, le Death Metal symphonique en est un qui, à ma connaissance, n'a pas beaucoup été exploré. En ce sens"The Great Mass", huitième album des Grecs de Septicflesh est déjà, par son parti-pris artiste un disque novateur. Mais cet opus est bien plus que cela puisqu'il représente la symbiose de tous les éléments ayant, à un moment ou à un autre traversés l'oeuvre de Septicflesh: death, musique classique, heavy et doom.   Mais de nouvelles sonorités viennent ici enrichir le spectre musical du groupe puisque le rythme du couplet de "Pyramid God" est très proche du metal industriel et l'articulation du chant féminin, des orchestrations et du chant clair confère à l'ensemble une atmosphère plus gothique ("The Vampire From Nazareth", "Therianthropy"). La puissance orchestrale se dégagent de chacune des chansons s'explique par la présence du philharmonique de Prague. La plupart du temps, les orchestrations viennent appuyer le travail de la section rythmique ou des guitares ("A Great Mass Of Death",  "Apocalypse"). On pourrait alors rétorquer que cela manque alors d'audace mais l'ensemble est tellement bien maîtrisé et mis au service de compositions déjà riches, qu'on ne peut que s'incliner. De plus, l'orchestre parvient à ajouter à la musique du groupe quelques mélodies magnifiques ("Pyramid God", "Mad Architect", ou encore le break d'"Oceans Of Grey). Chaque chanson possède quelque chose qui la rend unique et qui lui permet d'accrocher l'auditeur et possède des arrangements qui permettent à l'auditeur de ne jamais s'ennuyer ("The Undead Keep Dreaming). Le tout étant servit avec une production claire et puissante à la fois compressée mais dynamique. Les textes sont auss un autre point fort du combo grecs car,bien qu'ils soient écrits simplement ils ne se complaisent pas dans une critique puérile de la religion ou de tout autre sujet mais peuvent pousser à la réflexion. D'autant que chaque texte est précédé d'un petit paragraphe donnant quelques pistes de réflexions sur leurs significations.

Tracklist:

01-The Vampire From Nazareth
02-A Great Mass Of Death
03-Pyramid God
04-Five-Pointed Star
05-Oceans Of Grey
06-The Undead Keep Dreaming
07-Rising
08-Apocalypse
09-Mad Architect
10-Therianthropy





mercredi 1 mai 2013

Bob Marley And The Wailers - The Complete Bob Marley And The Wailers 1967-1972: Rock To The Rock (1997)


Tout a déjà été écrit sur le succès international de Bob Marley And The Wailers à partir de 1973 et de leur signature sur Island Records, le label de Chris Blackwell. Cependant, pour ceux qui, comme moi, s'intéressent aux premiers enregistrements du plus influent des rastas, difficile d'y voir clair dans sa discographie parmi les compil', les rééditions et les autres sorties plus mercantiles les unes que les autres. Mais entre 1997 et 2002,  sous la houlette de Bruno Blum, l'un des plus éminents spécialistes français du Reggae, un ensemble de dix CD reprenant l'intégralité des faces enregistrées par Bob Marley entre 1967 et 1972, avec leur son d'origine, fut publié. 
"Rock To The Rock", premier des dix disques, nous présente la plupart des chansons produitent par Johnny Nash  et Arthur Jenkins, et enregistrées par Danny Sims et David Simmons en 1968. Pour des raisons de droits il en manque effectivement quelques unes que l'on retrouvera sur l'un des autres volumes composant cette intégrale. Musicalement ces titres se situent quelque part entre la soul sudiste de Stax et le Rocksteady jamaïcain. Après tout, ces deux genres partagent de nombreuses caractéristiques communes puisque, dans un style comme dans l'autre, ce sont généralement de courtes chansons racontant des histoires à l'eau de rose et chantées par des solistes ou des trios vocaux aux voix douces et suaves et Bob Marley ne fait pas ici exception à la règle ("Love", "How Many Times", "Mellow Mood", "Touch Me"...). En effet son timbre n'a jamais été aussi chaud, profond et serein. 
On dit souvent que le rythme régulier du Reggae est celui d'un coeur qui bat. Il me semble que cette allégorie n'a jamais été aussi vraie que sur ces enregistrements de Bob Marley sur lesquels la douceur et la rondeur des basses du kick contraste admirablement avec les sonorités plus sèches, mais néanmoins non agressives des rimeshots (bords) de la caisse claire ("How Many Times", "There She Goes", "Put It On"). C'est d'ailleurs cette batterie à la pulsation régulière et au son si particulier, placée très en avant dans le mix, parfois plus fort que les autres instruments ("Mellow Mood, "There She Goes") qui, tel un flot immuable et constamment en mouvement, confère un son unique à ces sessions.   
En tendant l'oreille on remarque aussi que le skank, le rythme de guitare si caractéristique de la musique jamaïcaine prend différentes formes par rapport ce qu'on entend habituellement: il  est parfois moins sec que ce qui peut se faire dans le genre car les notes ne sont pas étouffées ("How Many Times"), ou  entremêlé avec des accords au rythme plus "folk" ("Mellow Mood", "There She Goes", "Put It On") des notes supplémentaires ("Love), ou encore joué à l'orgue ("Rocking Steady"), tandis que sur certains titres il n'est même pas marqué ("Chances Are", "Nice Time").
Enfin, il faut noter que chaque volume de la série est accompagné d'un beau livret de 16 pages contenant des photos rares, des commentaires sur chaque chansons ainsi qu'un texte remettant les choses dans leur contextes.

Tracklist:

01-Rock To The Rock**
02-Rocking Steady** alternate
03-How Many Times
04-Touch Me
05-Mellow Mood alternate
06-There She Goes
07-Soul Rebel original
08-Put It On alternate
09-Chances Are alternate
10-Love**
11-Bend Down Low alternate
12-The World Is Changing
13-Nice Time** alternate
14-Treat You Right
15-What Goes Around Comes Around** original
16-What Goes Around Comes Around** version

**Previously unreleased